La Rua Ferreira Borges est une rue commerçante, et puis elle ne l'est plus. Les bâtiments se resserrent, une arche de pierre barre la ruelle avec une tour au-dessus, et par l'ouverture on voit des marches grimper vers l'ombre. C'est l'Arco de Almedina, la porte principale encore debout de la ville fortifiée de Coimbra, et la ruelle en escalier au-delà est la Rua do Quebra-Costas, la rue « Casse-Dos ». Tout le monde photographie l'arche. Presque personne ne lève les yeux.
Au-dessus se trouve la Torre de Almedina, et dans la tour, un musée : le Núcleo da Cidade Muralhada municipal, la collection de la ville fortifiée. Il ouvre du mardi au samedi, 10:00-13:00 et 14:00-18:00, et il est fermé les dimanches, lundis et jours fériés. Autrement dit, une bonne part des visiteurs ne peut tout simplement pas entrer, et ne découvre jamais qu'il était là.
Tout est dans les horaires
Relisez cet horaire, car c'est l'information la plus utile de cette page : du mardi au samedi, de 10:00 à 13:00 et de 14:00 à 18:00. Fermé les dimanches, lundis et jours fériés.
Pensez maintenant à qui vient à Coimbra. Les excursionnistes de Lisbonne et de Porto voyagent très majoritairement le week-end. Le dimanche est le jour où un visiteur est le plus souvent dans cette ville avec du temps libre.
Le dimanche, ce musée est fermé. Le lundi, il est fermé. Les cinq autres jours, il disparaît pendant deux heures à midi, ce qui est exactement le moment où un visiteur qui descend depuis l'université arrive en bas de la colline.
C'est le contraire de ce que l'on suppose d'un site situé sur une grande rue commerçante. Tout autour est ouvert ; ce qui est au-dessus ne l'est pas.
Alors planifiez-le, ou perdez-le. Si le musée de la tour compte pour vous, placez-le à 10:00 un matin du mardi au samedi et remontez la colline à partir de là, plutôt que de la descendre.
Le problème du dimanche s'aggrave dans toute la ville. Santa Cruz n'ouvre qu'à 13:00 le dimanche, la Sé Velha seulement à 11:00, et la chapelle Saint-Michel ferme pour la messe de 11:45 à 14:00.
Le dimanche est le pire jour pour tenter Coimbra, et la tour d'Almedina en est la plus claire illustration.
L'arche elle-même, soyons clairs, n'est pas touchée. C'est une rue publique. Vous pouvez la franchir à trois heures du matin si vous voulez.
Il y a une raison structurelle derrière cela, qu'il vaut mieux comprendre que subir. Ce sont des sites de musée municipal tenus par des employés de la mairie, selon les horaires de la mairie, pas des attractions commerciales à la recherche de fréquentation. Ils ont des horaires de bureau parce qu'ils sont des bureaux autant que des musées.
Le même schéma s'applique aux six sites que gère la ville, et à la Sala da Cidade, qui n'ouvre qu'à partir de 13:00 en tout cas.
Une fois que vous le savez, la solution est simple : traitez les musées municipaux comme un bloc de matinée en semaine plutôt que de les semer au fil du séjour.
La porte elle-même
Almedina vient de l'arabe al-madína, la ville, et le nom est l'histoire. C'était la porte principale de la place fortifiée fondée sous domination islamique, et le mur qu'elle perçait séparait la ville haute de tout ce qui était en dessous.
Ce qui subsiste, c'est la porte et la tour au-dessus, intégrées à des constructions ultérieures, avec la ruelle qui passe au travers. C'est normal pour une porte de ville européenne : les remparts disparaissent d'abord, les portes en dernier, parce que les portes servent.
Tenez-vous dans l'ouverture et regardez dans les deux sens. En descendant, la Rua Ferreira Borges et la Baixa commerçante : plate, animée, vitrines. En montant, le Quebra-Costas : en escalier, étroit, calme, grimpant vers les cathédrales et l'université.
Voilà toute la géographie sociale de Coimbra dans une seule porte. Le commerce en bas, les institutions en haut, une porte entre les deux qui décidait qui passait.
L'arche est gratuite et praticable en permanence parce que c'est une rue, pas un monument avec un guichet. Rien n'est clôturé, rien n'est facturé.
C'est aussi la meilleure photo de la ville basse, et la lumière est la contrainte plutôt que la foule. La ruelle est étroite et l'arche est à l'ombre presque toute la journée ; tôt le matin et l'heure avant le coucher du soleil sont les moments où elle ressort.
La tour au-dessus de la porte est ce qui la rend lisible comme une défense plutôt que comme un décor. Une porte sans tour est un trou dans un mur ; une porte avec une tour est une position d'où l'on peut tenir ce trou.
Accordez cinq minutes à l'arche si vous passez, quinze si vous la photographiez.
Et puis levez les yeux vers la tour, car la porte qui y mène n'est pas dans cette ruelle : elle est de l'autre côté, sur le Pátio do Castilho, ce qui explique pourquoi tant de gens ne la trouvent jamais.
Le mur auquel appartenait cette porte a presque disparu, sort habituel des défenses urbaines une fois la ville devenue plus grande qu'elles. Des fragments subsistent le long de la colline, et le musée de la tour au-dessus est l'endroit où tout le circuit est reconstitué pour vous.
Il aide aussi de savoir ce que veut dire ici « fondée par les Maures » en pratique. La ville haute était une place fortifiée sous domination islamique avant d'être portugaise, et la forteresse au sommet de la colline, celle qui est devenue le palais royal puis l'université, date de la fin du Xe siècle.
La porte, le mur et la citadelle forment donc un seul système, dont les deux tiers sont aujourd'hui une université classée au patrimoine mondial. L'arche est la partie qui subsiste et que l'on peut toucher gratuitement.
Le musée de la tour
La Torre de Almedina abrite le Núcleo da Cidade Muralhada, la section de la ville fortifiée du Museu Municipal de Coimbra.
Ce musée municipal n'est pas un seul bâtiment. Ce sont six sites distincts, tous dans le centre historique : l'Edifício Chiado avec la collection Telo de Morais, cette tour, la Torre de Anto, la Sala da Cidade dans l'ancien réfectoire de Santa Cruz, l'Edifício da Inquisição avec son exposition sur les Juifs de Coimbra, et un mikvé, bain rituel juif de purification.
Très peu de guides en anglais mentionnent quoi que ce soit de cela, et presque aucun ne mentionne le mikvé. Le quartier juif de Coimbra est une histoire vraiment peu racontée, et la ville gère un site de musée en son sein.
Dans cette tour, le sujet, ce sont les remparts eux-mêmes : comment la ville était enclose, où passait le circuit, ce que faisaient les portes. C'est le pendant explicatif de l'arche que vous venez de franchir.
Comptez 30 à 40 minutes. C'est une tour, donc la visite est verticale et les salles sont petites.
Il existe aussi une visite virtuelle officielle de la tour, publiée par la ville, qui vaut dix minutes si vos dates tombent un dimanche ou un lundi et que la porte est fermée.
L'autre site municipal à connaître est la Torre de Anto, Rua de Sobre Ribas, qui abrite le Núcleo da Guitarra e do Fado de Coimbra, un musée consacré à la guitare de Coimbra et au fado de Coimbra. Mêmes horaires : du mardi au samedi, 10:00-13:00 et 14:00-18:00.
Deux musées municipaux dans deux tours médiévales, tous deux sur la montée entre la Baixa et l'Alta, tous deux fermés au moment le plus utile du week-end.
L'Edifício da Inquisição et le mikvé sont ceux qui surprendront le plus de visiteurs, et leurs horaires figurent sur la plateforme des musées plutôt que dans un guide. Vérifiez-les avant de partir.
Le détail des six sites se trouve sur la page du Museu Municipal de Coimbra.
À signaler pour qui s'y intéresse sérieusement : les sites du musée municipal sont petits un à un et substantiels ensemble. En visiter trois en une matinée donne une version de Coimbra qu'aucun bâtiment seul ne donne.
Comment visiter
L'arche : traversez-la. Pas de billet, pas d'horaires, pas de queue. Elle se trouve Rua Ferreira Borges, au pied de la montée du Quebra-Costas, et vous la croiserez sur tout trajet entre la Baixa et l'Alta.
Le musée de la tour : l'entrée est sur le Pátio do Castilho, 3000-103 Coimbra, et les horaires sont du mardi au samedi, 10:00-13:00 et 14:00-18:00, fermé les dimanches, lundis et jours fériés.
Le prix d'entrée n'est pas publié. La plateforme des musées municipaux indique adresses et horaires pour les six sites, mais aucune grille tarifaire pour aucun d'eux.
Il existe des indices indirects qu'un tarif existe : la ville a publié des communiqués annonçant des journées d'entrée gratuite sur tous les sites du musée, ce qui laisse supposer un tarif normal. Mais je n'ai pas pu trouver ce tarif, et cette page n'imprimera pas un chiffre deviné par quelqu'un d'autre.
Pour le savoir avant de venir, appelez le +351 239 833 771 ou écrivez à [email protected]. Les coordonnées générales du musée sont le +351 239 840 754 et [email protected].
Aucune réservation à l'avance n'est publiée ni ne semble nécessaire pour les particuliers.
Accessibilité : c'est une tour médiévale à laquelle on accède depuis une petite cour sur une colline escarpée, et aucun accès de plain-pied n'est publié. L'arche en contrebas est une rue en escalier et pavée.
Aucune coordonnée publiée n'existe pour l'arche, ni dans l'entrée Wikipédia portugaise ni dans l'anglaise. Naviguez vers la Rua Ferreira Borges ou vers le Pátio do Castilho plutôt que vers une épingle posée au hasard.
Une alternative pratique si vos dates ne conviennent pas : la visite virtuelle officielle de la tour par la ville est gratuite, en ligne et assez détaillée. Elle ne remplace pas le fait d'être dans la salle, mais elle vaut mieux qu'une porte close et un haussement d'épaules.
Les horaires et les tarifs municipaux changent avec les budgets de la mairie plutôt qu'avec la saison touristique : confirmez sur la plateforme du musée avant tout plan ferme.
Une précision sur les deux entrées, car elle déroute les gens. L'arche est Rua Ferreira Borges, au niveau de la rue ; la porte du musée est au coin, sur le Pátio do Castilho, au-dessus et derrière. Chercher un guichet sous l'arche ne mènera nulle part.
La montée à travers la porte
Après l'arche, la ruelle devient la Rua do Quebra-Costas. Cela se traduit par rue « Casse-Dos », et c'est le principal itinéraire piéton de la Baixa vers la Sé Velha.
Le nom est le fait. Coimbra a appelé sa principale montée « Casse-Dos », par écrit, et le nom est encore utilisé dans des documents officiels définissant la zone de transport du centre historique.
Si vous préférez l'éviter, il y a un ascenseur. L'Elevador do Mercado franchit un dénivelé de 51 mètres en deux étapes (un ascenseur vertical de 20 mètres, puis un ascenseur à plan incliné jusqu'en haut) entre la Rua Olímpio Nicolau Rui Fernandes, près du marché municipal, et la Rua Padre António Vieira.
Il fonctionne du lundi au samedi 07:30-21:00 et les dimanches et jours fériés 10:00-21:00, et tout billet de transport SMTUC valide y est accepté. Un tarif à l'unité distinct n'est pas publié.
À savoir : l'ascenseur a été hors service pendant un temps et la ville a annoncé sa remise en service en janvier 2026. Les guides plus anciens qui le disent définitivement en panne se trompent.
Ces 51 mètres sont la seule mesure officiellement publiée de la montée de la Baixa à l'Alta, et ce n'est même pas la hauteur totale : le Paço das Escolas est encore plus haut. Le détail complet est dans Coimbra se visite-t-elle à pied.
Les résidents du centre historique et de l'Alta peuvent obtenir un Passe Social Especial donnant l'usage gratuit de l'ascenseur, ce qui indique pour qui il a vraiment été construit.
En descendant, la porte fait quelque chose qu'une photographie ne peut pas montrer. Vous sortez des marches ombragées, l'arche encadre la rue commerçante en contrebas, et la ville basse vous apparaît d'un seul coup. Cette séquence ne marche que dans un sens.
Mon conseil, quel que soit le mois pourvu qu'il y ait du soleil : montez en ascenseur ou en taxi, et redescendez par l'arche. Le Quebra-Costas est une bien meilleure rue en descente.
Pour mémoire, l'Elevador do Mercado est le seul ascenseur ou funiculaire pour lequel SMTUC publie une page. Si vous en lisez un autre, ce n'est pas actuellement un service officiel.
Et le chiffre vertical à associer : la tour de l'Université compte 184 marches, selon les consignes de visite de l'Université elle-même, bien qu'elle soit fermée, ce nombre est donc un contexte plutôt qu'un plan.
À combiner avec
En montant par la porte : la Sé Velha, 3,00 EUR, à cinq minutes par les marches, avec la sculpture romane la plus riche du Portugal et pas une seule figure humaine.
Plus haut : la Sé Nova à 1,00 EUR, et le Paço das Escolas, dont la cour est gratuite et qui reste ouvert jusqu'à 19:30 quand tout ce qui est en bas a fermé.
En descendant : Santa Cruz, Praça 8 de Maio, à trois minutes, avec deux tombeaux royaux en accès libre dans la nef et un billet à 5,00 EUR pour le cloître et le chœur haut. Elle ferme à 16:30.
Même rue, autre sujet : la Torre de Anto et le reste du Museu Municipal, dont le mikvé et le bâtiment de l'Inquisition, tous aux mêmes horaires restreints.
Et le fleuve est à quatre cents mètres en contrebas de l'arche : le Parque Verde sur les deux rives, la passerelle Pedro e Inês et la promenade des berges du Mondego si vous voulez du terrain plat après les marches.
La descente de l'Alta à la Baixa passe par cette porte, ce qui est le bon sens pour la rencontrer, et que voir à Coimbra fixe les priorités pour un séjour court.
Si vous êtes ici le soir plutôt que de jour, les lieux de fado sont dans la ruelle au-dessus : Rua do Quebra Costas numéros 7 et 12, à quelques portes l'un de l'autre, l'un avec un spectacle de 50 minutes tous les jours de l'année à 18:00.

